De mi-août à mi-septembre 2009, les 15 personnalités politiques d’opposition suivies (gauche, centre, extrême droite) disposent d’une part de voix qualifiée cumulée de moins de 30%. En d’autres termes, les personnalités des oppositions n’occupent pas même un tiers des conversations du web social français autour des principales thématiques du débat public. On notera d’ailleurs que celles et ceux ayant exprimé des opinions “lisibles” sur la taxe carbone, telle Ségolène Royal ou Martine Aubry, occupent une place non négligeable. Au sein du pouvoir exécutif, la part de voix qualifiée de Nicolas Sarkozy n’est que de 22% environ, un point bas par rapport à son étiage moyen, en raison peut-être des vacances prises par le Président de la République au mois d’août après son malaise vagal. On notera qu’à deux deux, Nicolas Sarkozy et François Fillon occupent une place plus importante que l’ensemble des personnalités d’opposition en lien avec les principales thématiques discutées, sans l’appoint des parts de voix des 14 autres personnages politique du Gouvernement suivis.
Parts de voix qualifiée – 15/08 au 15/09 :Sur la période suivante (mi-septembre à mi-octobre), la tendance observée s’accentue puisque les personnalités d’opposition ont une part de voix qualifiée cumulée d’à peine plus de 15%, tandis que Nicolas Sarkozy & François Fillon représentent plus de 40% des conversations sur ces thématiques, celle de la justice étant très fortement associée au Président de la République (suppression du juge d’instruction, réactions de la présidence ensuite d’affaires particulières, procès Clearstream).
Parts de voix qualifiée – 15/09 au 18/10 :Le pouvoir exécutif domine très largement les conversations thématiques du web social, laissant les oppositions loin derrière en terme de visibilité qualifiée. Il apparaît en effet que celles-ci se sont peut-être trop concentrées sur des thématiques plus conjoncturelles, notamment sur des polémiques liées à différentes personnalités politiques ou publiques (Roman Polanski, Frédéric Mitterrand, Jean Sarkozy), ce qui a nui à leur capacité à peser dans les discussions sur les thématiques plus structurelles. D’ailleurs, nos nuages de mots permettent facilement d’appréhender cette dimension. L’exemple suivant autour de Nicolas Sarkozy et François Fillon, les deux principaux personnages politiques associés aux grandes thématiques du débat public, permet de révéler la symbolique qui se dégage autour d’eux, à travers les champs lexicaux spécifiques qui leur sont associés (indépendamment des champs lexicaux partagés par l’ensemble des personnages politiques).
Evocations associées à Nicolas Sarkozy & François Fillon : un Président symboliquement éloigné des grandes thématiques du débat public, un Premier Ministre au plus près des dossiers politiques En dépit d’une part de voix qualifiée significative (i.e. forte association aux grandes thématiques du débat public), les évocations spécifiquement associées à Nicolas Sarkozy, de manière très visible, sont bien plus contingentes, voire négatives. A l’exception du mois d’août où – en dépit d’une part de voix qualifiée plus faible qu’en septembre ou octobre – le Président est spécifiquement associé à des évocations politiques substantielles (taxe carbone, bonus bancaires, grand emprunt) avec un champ lexical implicite plutôt positif (registre de la nouveauté), les évocations spécifiquement associées à Nicolas Sarkozy laissent entrevoir un agenda spécifique contingent, non maîtrisé, éloigné des préoccupations des Français. Qu’il s’agisse du procès Clearstream en septembre ou de la polémique sur l’arrivée de son fils Jean à l’Etablissement public d’Aménagement de la Défense (EPAD) en octobre, ce sont des évocations superficielles qui entourent spécifiquement un Président qui se voit ainsi éloigné, du moins symboliquement, des grands enjeux auxquels le pays est confronté. Evocations spécifiquement associées à N. Sarkozy du 15/08 au 15/09 Evocations spécifiquement associées à N. Sarkozy du 15/09 au 18/10 A l’inverse, tout au long de cette période (mi-août à mi-octobre), le Premier Ministre François Fillon reste spécifiquement et symboliquement associé aux principaux dossiers, enjeux et combats politiques du moment (taxe carbone, grand emprunt, crise, Union Européenne, rentrée des classes, gauche et droite, etc.). Evocations spécifiquement associées à F. Fillon du 15/08 au 18/10 L’ensemble de ces outils permet un décryptage du débat public en ligne, particulièrement quand les évolutions temporelles sont suivies avec attention, ce à quoi nous allons nous atteler (cf. infra). S’agissant de l’exemple ici présenté, on peut en retenir les enseignements suivants : - Trois à quatre grandes thématiques ont fermement occupé le devant de la scène dans les conversations du web social au cours des deux derniers mois : développement durable, emploi & chômage, éducation, justice. La bulle médiatique autour de la grippe A a apparemment éclaté en septembre (j’espère que vous aurez apprécié la précédente allitération, à lire à haute voix bien sur !) ; - Les oppositions (gauche, centre, extrême droite) n’ont pas réussi à imposer leur voix parmi les principales thématiques débattues sur le web social au cours des deux derniers mois ; - Si le Président de la République reste fortement associé aux grandes préoccupations des Français, il a symboliquement glissé vers un registre plus contingent à partir de septembre ; - Le Premier Ministre a une image spécifique plus politique, proche des dossiers. *Pourquoi ce billet participe-t-il d’un teasing? Car linkfluence lancera très prochainement l’observatoire de la politique sur le web social français. Cet observatoire permanent permettra de comprendre les dynamiques d’opinion autour des principales thématiques du débat public (chômage & emploi, logement, santé, retraites, justice, etc.), des enjeux du moment (par exemple réforme de la taxe professionnelle, ouverture du marché des jeux en ligne, réforme des collectvités territoriales, grand emprunt, EPAD, etc.) et des principaux personnages politiques au sein du pouvoir exécutif ou parmi les oppositions. **Echantillon des 2.273 médias sociaux (à l’exclusion des médias en ligne, traditionnels ou pure players) parmi les plus visibles et actifs sur le web social français dans 22 communautés partisanes ou non partisanes s’intéressant au débat public et à la vie politique (jeu et enjeux).
